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Kolya

Théâtre La Licorne                 Mercredi 06 0ctobrer 04
- 19 heures 45

affiche

Tchèque-1996-1h52. Couleur


Réalisateur
:
Jan Sverak

Scénario
:
Zdenek Sverak d'après une histoire de Pavel Taussig

Musique
:
.Ondrej Soukup

Acteurs
Zdenek Sverak (Frantisek Louka), Andrej Chalimon (Kolya), Ondrej Vetchy (M. Broz), Stella Zazvorkova (Mère), Ladislav Smoijak (M. Houdek), Irena Livanova (Nadezda), Lilian Mankina (Tante Tamara), Petra Spalova (Pasha)



- Gagnant du meilleur film étranger au GOLDEN GLOBE AWARDS 1996
- Gagnant du meilleur film au FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM DE TOKYO 1996
- En nomination pour le meilleur film européen de l'année, PRIX FÉLIX 1996

Le Tchèque Jan Sverak a réussi un véritable chef-d'oeuvre avec ce quatrième long métrage Kolya, récit qui se déroule à la fin des années 80, alors que son pays est encore dans le giron soviétique. Le film est le fruit d'une collaboration entre le père et le fils. En effet, Zdenek Sverak, scénariste du film, y tient également le rôle titre. Le tandem a concocté un petit bijou qui, dès sa sortie à Prague en mai 1996, a battu tous les records d'assistance. Pas étonnant que Kolya ait remporté autant de prix prestigieux à l'étranger et que les Américains soient autant entichés de cette histoire. En feront-ils, un jour, un remake horrible à la sauce yankee ?

image1 L'action se passe en 1989, à la veille de la libération de la Tchécoslovaquie, Les chars soviétiques sont toujours dans Prague. A la suite d'un mariage blanc et de la disparition de sa mère à «l'Ouest», un gamin russe de cinq ans est recueilli par son réticent beau-père, quinquagénaire tchèque.

Le scénario a été écrit par le comédien principal, père du réalisateur. Dans le film, il est sensationnel dans le rôle du musicien désabusé et coureur de jupons, tout comme le gamin russe qui interprète Kolya.
Quoi qu'on puisse penser de la manipulation du spectateur par la corde sensible (pathos et unanimisme social), on marche. La mise en scène appuie chaque effet, s'éternise sur des gros plans censés nous placer au point de vue de l'enfant, mais reste heureusement très loin de la roublardise du Huitième jour de Jaco Van Dormael. Le scénario est d'une grande habileté, dans son parallèle entre les destins individuels et les bouleversements politiques du pays.
Voilà un film qu'on devrait passer à la télévision à une heure de grande écoute : il a quelque chose à dire, et il le dit simplement. Fonctionnel, il ne comporte, par ailleurs, pas la moindre inventivité ni originalité dans le traitement. Ces bonnes intentions sans aspérité lui ont valu, à Hollywood, l'Oscar du meilleur film étranger.

Yann Tobin Positif n°440 - Octobre 1997

Le réalisateur

Fils du scénariste et acteur Zdenek Sverak, Jan Sverak est chef de file de l'actuelle nouvelle vague tchèque. Son premier long métrage L'Ecole primaire, a été nommé à l'Oscar du Meilleur film étranger en 1991. L'école primaire reste le film qui a connu le plus grand succès en République Tchèque dans la période qui a suivi la Révolution de velours.
Son second film Accumulateur 1 est une parodie de science-fiction, qui a remporté le Prix de la Semaine de la critique et le Prix des médias au Festival international de Venise en 1994. Il a valu à Jan Sverak le Prix du lion tchèque attribué par l'Académie du cinéma et de la télévision tchèques au film le plus populaire de l'année.
Ensuite. Jan Sverak a réalisé La virée, film à petit budget qui a remporté le Globe de cristal, la plus haute distinction du Festival de cinéma de Karlovy Vary en1995.
Kolya est son quatrième film, et le premier à être produit par sa toute nouvelle société de production Biograf Jan Sverak Pictures. Kolya, sorti en salles dans la République tchèque en mai 1996, est devenu l'un des films tchèques les plus rentables de ces dix dernières années.
Diplômé de l'Académie de musique, cinéma et télévision de Prague (FAMU), Jan Sverak a réalisé plusieurs courts métrages durant ses études, dont Adieu ma petite gare (1984), Je suis viticulteur, parbleu S (1985) et deux téléfilms : Conversation (1986) et How the chimney-sweep bring good luck (1987). I! a été découvert grâce à son court métrage L'odyssée de l'espace II (1986), une fiction qui narre la vie de deux femmes à la retraite dans une propriété enneigée. Il a reçu l'Oscar du Meilleur film d'étudiant en 1989 avec son film de fin d'études, Naphtophages. Jan Sverak travaille actuellement sur son premier film en langue anglaise.

Dossier distributeur
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S'il y a une justice, ou plutôt une logique (la justice n'a guère à voir ici), ce Kolya- là va faire un tabac. Voilà en tout cas un objet impeccablement manufacturé pour obtenir tous les suffrages, et qui a d'ailleurs déjà recueilli ceux de l'oscar du meilleur film étranger, «irrésistible», comme on dit, le duo du vieil anar bon vivant, musicien bohème (c'est le cas de le dire) se retrouvant par inadvertance père adoptif d'un facétieux bambin. Pour jouer toute la lyre, le bonhomme est tchèque et le gamin est russe, on est à !a veille de la «Révolution de velours». d'où clins d'œil géopolitiques et métaphores diverses. C'est filmé comme !a publicité des nouvelles voitures à quintuple airbag, la publicité du parfum qui sent encore plus chic que celui d'avant, la publicité de la compagnie aérienne qui vole plus délicatement que les autres. Pas comme la publicité pour la lessive, la litière des chiens et autres trivialités : tout en lumières mordorées et délicats ralentis, envois de pigeons et cartes postales de Prague, si photogénique, touches délicates d'un humour pour plaire aux petits comme aux grands
Dans les rôles principaux, le petit garçon cabotine comme les réalisateurs habiles savent faire cabotiner les petits garçons à l'écran. Le gamin est néanmoins battu à plates coutures par son père qui occupe sans vergogne le centre de l'écran et en fait des tonnes dans le registre mauvaise-tête-bon-cœur auquel nulle jolie demoiselle ayant le tiers de son âge ne reste indifférente.
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Le comédien
Zdenek Sverak, y est, c'est vrai, grandement aidé par le scénario. Normal, c'est lui qui l'a écrit, frisant le risque d'inculpation pour ABS (abus de biens scénaristiques). Mieux, il est également - n'est-ce point charmant ? – le véritable père du réalisateur. Celui-ci a reçu le titre de chef de file de la «nouvelle vague» tchèque grâce à quatre films (Kolya compris) qui ont apporté la preuve manifeste de son savoir-faire. Il offre ici au cinéma de son pays le plus gros succès qu'un film tchèque ait obtenu à domicile depuis bien longtemps et une considération à l'étranger.
A défaut de «nouvelle vague» - pour autant que cette expression corresponde à une quelconque exigence esthétique -, Jan Sverak est peut-être le sauveur économique du cinéma tchèque, ce dont nul ne saurait lui faire grief - à cela près qu'il tourne en ce moment son premier film en anglais ; est-ce le prélude à une tentative de carrière Hollywood ?
Toutes les fées se sont donc penchées sur le berceau de Kolya, qui paraît sur nos écrans serti d'avantages qui évoquent Le facteur et lui promettent, a priori, un triomphe similaire.
Jean-Miche! Frodon Le Monde -18 Septembre 1997

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