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et.bonjour à la Scandinavie |
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Open Hearts
Théâtre La Licorne 30 octobre 2003 - 19 heures 45
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Danemark, 114', 2002. Scénario : Anders Thomas Jensen, d'après
une idée originale de Susanne Bier. Avec : Sonja Richter (Cecilie) Nikolaj Lie Kaas (Joachim). Mads Mikkelsen (Niels). Paprika Steen (Marie), Stine Bjerregaard (Stine). Birthe Neumann (Hanne), Niels Olsen (Finn), Ulf Pigaard (Thomsen). Ronnie Hiort Lorenzen (Gustav),Pelle Bang Sorensen (Émil), Anders Nyborg (Robert)Ida Dwinger (Sanne). Philip Zandén {Tommy), Michel Castenholt (le vendeur magasin de meubles), Birgitte Prins (le Médecin aux urgences), Susanne Jahasz, Hans Henrik Clemensen, Jens Basse Dam, Hanne Windfeld, Tina Gylling Mortensen |
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Nouveau : Cliquer ici pour voir la bande annonce (VO st
Anglais) |
Lancé sous la houlette du médiatique Lars Von Trier, le " Dogme
95 " s'est rapidement imposé dans le paysage cinématographique.
Fin de l'effet d'annonce, caractère inégal des ouvres estampillées
ou essoufflement d'un mouvement autant mercantile qu'artistique ? Sans
doute un peu de tout cela. Reste que les films " Dogme " sortent aujourd'hui
dans un relatif anonymat au point qu'on aurait pu croire le collectif disparu.
Il n'en est rien. Open Hearts (coeurs ouverts - NDLR), traduction
anglaise imparfaite du titre danois (Elsker Dig for Evigt " je t'aime pour toujours
" - NDLR)
est déjà le 28e opus de la confrérie qui a permis au
cinéma danois de rejoindre le devant de la scène. Au départ,
ce huitième long métrage de Susanne Bier contient tous les ingrédients
d'une comédie romantique, un genre dans lequel la cinéaste
s'est déjà illustrée. Cecilie (Sonja Richter) et Joachim
(Nikolaj Lie Kaas) forment le couple idéal. Jeunes, beaux et profondément
amoureux l'un de l'autre, ils s'apprêtent à se marier. Mais
un drame vient bouleverser leur existence balisée. Joachim, renversé
par une voiture, se retrouve définitivement paralysé. Qu'importe
pour Cecilie, elle veut aller au-delà du handicap, poursuivre la vie
d'antan et prouver à son fiancé la force de son engagement.
Joachim ne partage pas son avis. Il se retranche dans le mutisme pour se débarrasser
de sa compagne. Non seulement, il ne supporte pas cet amour jugé dégoulinant
mais il n'accepte pas son enveloppe corporelle, désormais dépourvue
de tout ressort. Quant à Marie (Paprika Steen), la conductrice de
l'automobile qui a fauché Joachim, elle est rongée par les
remords. Elle cherche à se racheter par l'intermédiaire de
son mari, le médecin Niels (Mads Mikkelsen). Elle lui demande de s'occuper
de Cecilie. L'époux s'acquitte si bien de la tâche qu'il tombe
follement amoureux de la sensuelle jeune femme.
Tous ceux que les imperfections visuelles et sonores des oeuvres " Dogme ", liées aux contraintes techniques imposées par la charte, énervent, en seront pour leur frais. Open Hearts ne déroge pas à la règle. Certes, on ne découvre pas à l'instar des Idiots des micros égarés sur l'écran. Mais, la lumière naturelle rend l'éclairage insuffisant. Le son direct apparaît parfois approximatif. L'image même, grainée à souhait, confère à Open Hearts, ce cachet si identifiable des films de la confrérie. Ici aussi, l'émotion prend le pas sur la technique. Elle laisse aussi aux acteurs le champ pour s'exprimer pleinement et laisser éclater leur talent. C'est ce qui fait tout le charme de cette oeuvre dont le noeud, un drame extraordinaire et néanmoins classique de la vie conjugale, sert de base à une réflexion sur la fidélité et la douleur. Respectant l'un des dix commandements du " Dogme ", Susanne Bier ne prend jamais de parti pris moral. La cinéaste se fait simplement observatrice d'un quotidien ébranlé, de l'évolution du sentiment amoureux et des turpitudes de la vie conjugale. Malgré la singularité de l'infirmité du héros, c'est paradoxalement dans la banalité des situations présentées que le film tire sa force. Imparfait, délicat, touchant et surprenant comme la vie, Open Hearts prouve encore si besoin était, le dynamisme d'un mouvement qui huit ans après sa création a atteint l'âge de la maturité et réussit encore à produire des oeuvres de qualité.
Michaël Melinard Article paru dans l'édition du 2 avril 2003
Il n'y a pas à dire, les Danois savent, avec finesse et fracas, fouiller, labourer l'âme humaine éveillant en nous, les plus subtiles et intenses émotions. Excellent cru du Dogme, OPEN HEARTS porte formidablement bien son titre, car il triture le cour de ses protagonistes avec un réalisme et une lucidité qui font froid dans le dos Le drame que nous expose S. Bier, la tragédie humaine que vivent ses héros de chair et de sang, nous est lancée en pleine figure, sans romantisme aucun, sans fioriture pour adoucir la violence de la réalité crue. Comment face à un drame soudain, face à l'impensable, la vie de ses protagonistes va basculer, bifurquant vers des chemins sinueux où l'amour, la souffrance, la solitude, la peur, l'égoïsme et la lâcheté vont se trouver intimement mêlés, inextricablement enchevêtrés. S'appropriant tes contraintes du Dogme avec dextérité (les imperfections de l'image accentuent la véracité des situations), la discrétion et la précision de la caméra accompagnent avec gravité des émotions en ébullition, disséquant les mécanismes psychologiques face à l'inconcevable. La réalisatrice a offert à ses comédiens, tous épatants et en parfaite osmose avec leurs personnages, des partitions de toute beauté, complexes et magnifiques, follement humaines. On est loin de la happy end de rigueur. On est dans la vie, avec ce qu'elle peut avoir de terriblement triste et moche. Mais aussi avec cette rage de résister aux malheurs, ce désir d'en extraire encore du bon. Peut-être.
Fiches du cinéma 2003
« Open Hearts » a chaviré les cours danois. Un dixième des habitants de ce petit pays a vu le film.
« Open Hearts » ne ressemble pas à une super production hollywoodienne ! Pas de cascades, pas de meurtres, tout juste un accident de voiture. Aucune arme, pas de trucages, ni d'effets spéciaux sinon ceux des cours, mis à nu. Et ça touche. Au Danemark, plus d'un habitant du pays sur dix a vu le dernier film de Suzanne Bier
Que seriez-vous prêt à faire par amour ? C'est la question que pose la réalisatrice. Adoptant, pour ce film, les préceptes du Dogme, Susanne Bier traque au plus près, au plus juste, la psychologie de quatre personnages, confrontés à la complexité et à la fragilité de leurs sentiments amoureux.« Que se passe-t-il quand la route tracée droit devant eux, s'interrompt ? », questionne-t-elle. Qu'est-on capable de supporter par amour ? Peu ? Beaucoup ? Les deux ?
Nettoyage du regard. Après six longs-métrages et de nombreux prix, Susanne Bier, s'est attaqué cette fois, au grand nettoyage du regard et des consciences, trop habitués au mensonge des images spectaculaires, qui décrivent le monde tel que nous voulons bien le voir. « Les fondations sur lesquelles nous bâtissons nos vies sont fragiles, dit-elle. Nous pensons naïvement pouvoir tout contrôler. Or, nous ne réalisons pas à quel point l'irruption d'une catastrophe peut tout bouleverser. »
Susanne Bier, naît en 1960 au Danemark et fait ses études à la National Film School of Denmark. En 1987 son film de fin d´études est primé au festival de cinéma de Münich. Après son premier film à long métrage "Freud leaving home" (Freud Flytter Hjemmefra) en 1990 elle réalise d´autres mélodrames tels "Family Matters" (Det Bli'r I Familien) en1993, ainsi que "Like It Never Was Before" (Pensionat Oskar) en 1995, primé par les critiques à Montréal. En 1997 Susanne Bier sort son Thriller "Credo" (Sekten) suivi en 1999 de "The One And Only" (Den Eneste Ene) une comédie romantique à la une du cinéma danois et lui rapportant le prix de "Best Director" du Danish Film Awards. En l´an 2000 elle sort "Once in a Lifetime" (Handen Pa Hjertet). Entre temps Susanne Bier est dotée du prix Carl Dreyer. "Open Hearts" (Elsker Dig For Evigt), une production Dogma, est son septième film.