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Centre de Documentation et de Création Cinématographique de Cannes

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Cannes Cinéma


Passions...... Sourires

De l'émotion, du plaisir sur grand écran...


SimOne 

Théâtre La Licorne                 Mardi 9 mars 2010              19 heures 45






USA (2002) 115'

RéalisationAndrew Niccol

Images : Chris Coppola

Musique : Carter Burwell

ActeursAl Pacino,Rachel Roberts, Catherine Keener, Pruitt Taylor Vince, Jason Schwartzman, Jay Mohr, Winona Ryder, Evan Rachel Wood, Elias Koteas.


Simone est une actrice virtuelle créée de toutes pièces par le logiciel ‘’ SIMulation-ONE’’. Elle rassemble toutes les perfections des plus belles stars ! Les médias en font une idole dont rêvent les foules et Al Pacino lui-même succombe à son charme… Une œuvre profonde qui stigmatise notre culte du rituel, notre désir du rêve et de l’inaccessible, mais aussi les dangers du pouvoir des icônes qui transforme nos sociétés en repaires de fausses valeurs. Andrew Nicoll a réalisé aussi Bienvenue à Gattaca et scénarisé Truman Show


PRESENTATION : Viktor Taransky, réalisateur-scénariste-producteur, a le blues: son dernier film est une catastrophe et a fait un flop au box-office. Son prochain long métrage part également sur de mauvais rails: son actrice principale, la clé de voûte du projet, refuse de tourner. Un homme mystérieux promet avoir trouvé une solution à son problème. Il tient parole et, quelques mois plus tard, Viktor reçoit un colis inattendu. Celui-ci contient un logiciel révolutionnaire capable de créer et d'animer des acteurs virtuels: fini les caprices de stars. Ce cadeau inespéré lui permet de terminer son film avec une actrice, docile car elle n'existe pas, baptisée Simone. Les projections-tests sont un vrai succès et le bouche-à-oreille aidant, Simone devient une véritable star. Tout le monde la réclame. Mais Viktor ne veut pas révéler son secret.


Al Pacino incarne Viktor, un producteur dont le film est perdu après le fracassant départ de la célèbre Nicola Anders. Son ex-femme - patronne du studio au demeurant sympathique, mais exigente - en profite pour résilier son contrat.

Pour sauver ce qui lui reste de crédibilité et d'amour-propre, Viktor doit absolument trouver quelqu'un qui reprendra le rôle abandonné. Alors qu'il perd tout espoir, Viktor découvre une solution unique, miraculeuse, qui va lui poser quelques problèmes...


CRITIQUE :Qu'y a-t-il à l'intérieur d'une actrice ? Des trésors de sensibilité et d'imagination, ou bien le vide, un espace libre, que viennent combler les rêves des autres ? Comme dans The Truman Show, dont il était le scénariste, Andrew Niccol utilise la fable pour interroger la société du spectacle, ses artifices et ses vanités cruelles. Comme dans Bienvenue à Gattaca, son premier film, il déplace légèrement le curseur du temps vers un futur accessible, riche de menaces et de promesses. Voici donc « Simone », la star de demain : a priori, le fantasme de tous les réalisateurs. Sublime, talentueuse, délicate, bouleversante... Et avec ça, aucun caprice, zéro exigence : pas de cachet exorbitant, de caravane princière, de crise de nerfs et autres pannes d'inspiration. Quand elle tourne un film, Simone est dévouée corps et âme. Et pour cause : elle n'a ni corps, ni âme. Cette absolue perfection tient tout entière dans un logiciel bricolé par un fou génial, qui, à sa mort, lègue son invention à Viktor Taransky. Plaqué par son actrice principale, viré des plateaux de tournage par la productrice, sa propre ex-femme, ruiné, oublié, méprisé, ce dernier est un cinéaste à bout de souffle. C'est dire si, pour lui, les adorables pixels de Simone tombent à pic. Enfermé devant un écran d'ordinateur géant, cloîtré dans son secret, Viktor Taransky clique et reclique fébrilement. Simone est l'Art, et, n'est-ce pas, l'Art imite la vie. Si parfaitement que le malheureux Viktor doit faire face, lorsque Simone envahit les salles de ciné, à une incroyable déferlante d'adulation. Emeutes, couverture des magazines, traque incessante. On veut, on exige de voir Simone, l'interviewer, la toucher, tout connaître, tout goûter, sa marque de shampoing, ses mensurations, ses amours... L'un des grands atouts du film est d'explorer de manière ludique l'éventail des possibilités offertes par cette gigantesque imposture, cette anticipation technologique. Comment faire croire à la réalité de Simone, la faire venir à la télévision, tromper les paparazzi avec quelques gouttes de parfum dans les draps d'un palace. Comment le pauvre créateur se fait peu à peu dévorer, devenant, aux yeux du monde, plus virtuel que sa créature... Mais au-delà de ce cocasse catalogue des mille et une farces et attrapes générées par la supercherie, Andrew Niccol se livre aussi à une excitante réflexion sur la création artistique et sur la place de l'acteur dans le cinéma hollywoodien. Piliers du star-system, ces êtres à peine réels sont-ils des artistes, des idoles de carton-pâte ? De quoi leur chair remodelée, truquée, désirable, profondément mystérieuse, livrée à l'adoration cannibale des foules, est-elle faite ? Au passage, on assiste à une critique assez féroce de l'usine du cinéma, qui crache du glamour en boîte, du charme à la chaîne. Dans cette froide histoire d'illusionnisme, Niccol ne néglige pas la relation complexe entre Taransky et Simone. A travers la solitude fiévreuse de l'un et la virtualité de l'autre, il questionne le rapport du cinéaste à ses acteurs, pygmalion, marionnettiste ou confronté au désir de son interprète, et, partant, à la vie autonome et énigmatique de son oeuvre en dehors de lui. Al Pacino, tourmenté, opaque, illustre bien ce paradoxe : interprète inventif ou marionnette docile d'Andrew Niccol, pris dans le cauchemar de la perfection.

Cécile Mury


Illusion, tout n’est qu’illusion , scénariste, réalisateur et producteur de Simone, confie : "Je dois avouer que ce que fait Viktor Taransky avec Simone, je l’ai déjà fait avec de vrais acteurs dans mes autres films. Aujourd’hui, le virtuel vient souvent aider le réel, quitte à le remplacer. Plus aucun film ne sort sans que les images ne soient retouchées, truquées ou carrément falsifiées." Une fable visionnaire et caustique : Réputé pour l’originalité de ses sujets et du traitement qu’il leur porte, Andrew Niccol aborde avec Simone les thèmes de l’apparence et de la célébrité. Il explique : "Même si le film comporte beaucoup de scènes drôles, ce n’est pas seulement une comédie. L’histoire de Viktor pose beaucoup de questions. Nous vivons dans une époque où la première valeur est la notoriété. Il existe une course frénétique au culte de la personnalité, par tous les moyens. Le paraître devient essentiel, la rumeur aussi, tout est préparé, calibré pour être séduisant, parfait et vendable. Ce jeu, Viktor Taransky va le mener plus loin que tout le monde, au bout de sa logique."Tout sur Simone : Andrew Niccol remarque : " Simone est la première star à tenir sur deux disquettes et dont la biographie se résume à quelques lignes de code informatique." C’est à la compagnie française basée à Los Angeles, B.U.F., que le réalisateur a demandé de mettre au point l’actrice idéale. Valérie Delahaye explique : " Simone a demandé un travail complexe et varié. Andrew souhaitait que l’on puisse la découvrir s’assemblant en forme autour du vide. Il voulait que le spectateur se rende compte matériellement qu’elle n’est qu’une enveloppe."


BIOGRAPHIE : Andrew Nicoll est né le 10 Juin 1964 en Nouvelle Zélande. Il est le compagnon de Rachel Roberts de nationalité canadienne et née en 1978 et ils ont un fils Jack né en 2004 et une petite fille Ava Lila Rae née en 2008. Ayant fait ses premières armes dans la publicité, c'est en vendant son scénario The Truman Show qu'il réalise son premier long-métrage Bienvenue à Gattaca, film de science-fiction à l'esthétisme élégant et d'une maîtrise peu commune. Il réalise S1m0ne en 2002, étonnante comédie où le personnage d'Al Pacino, producteur de cinéma en difficulté, invente de toute pièce une actrice numérique (que tout le monde croit réelle) dont la carrière lui échappe. Son film Lord of War (2005) traitant de la vente d'armes, c'est en Europe que Niccol parviendra à trouver les fonds pour ce film d'une virulence et d'un cynisme exemplaires. Restreint par les possibilités que lui offrent sa contrée natale, Andrew Niccol part encore jeune pour l'Angleterre. Le jeune homme se passionne alors pour le cinéma. Au bout de presque 10 ans de carrière en Europe, il décide de partir pour les collines d'Hollywood dans le but de 'faire des films plus longs que 60 secondes '. Andrew signe ses débuts de scénariste en écrivant The Truman show, qui attire de nombreux producteurs. Mais l'arrivée de Jim Carrey pour le rôle-titre fait exploser le budget. Trop jeune, Andrew Niccol ne fait alors plus le poids quant à la réalisation du projet qui est confié au plus expérimenté Peter Weir. Entre temps, Andrew Niccol se lance dans le scénario d'un drame futuriste sur fond d'éthique génétique : Bienvenue à Gattaca. Une réflexion sur la volonté de pouvoir de l'esprit humain. Andrew parvient à produire le film avant même la sortie de The Truman show. Son succès fait d'Andrew l'un des réalisateurs les plus en vue d'Hollywood. Son talent prometteur se voit d'ailleurs immédiatement récompensé. En 2002, il réalise Simone, dans lequel Al Pacino interprète le rôle d'un réalisateur qui crée en secret une actrice virtuelle. Andrew Niccol y impose pour le rôle de Simone une actrice inconnue, Rachel Roberts, qui deviendra sa femme cette même année. Il co-produit The Terminal de Steven Spielberg. Des subventions européennes lui permettent ensuite de réaliser Lord of war, une dénonciation brûlante du trafic d'armes.


FILMOGRAPHIE :

- Comme scénariste : 1997 : Bienvenue à Gattaca (Gattaca) 1998 : The Truman Show, de Peter Weir 2002 : S1m0ne 2004 : Le Terminal (The Terminal), de Steven Spielberg 2005 : Lord of War 2006 : Making a Killing: Inside the International Arms Trade, de Charles Tentindo (vidéo)

- Comme producteur : 1998 : The Truman Show, de Peter Weir 2002 : S1m0ne 2005 : Lord of War .

Distinctions : Prix du meilleur film lors du Festival international du film de Catalogne 1997 pour Bienvenue à Gattaca. - Prix Spécial du Jury lors du festival Fantastic'Arts 1998 pour Bienvenue à Gattaca. - Nomination au Grand Prix lors du Festival du film de Paris 1998 pour Bienvenue à Gattaca. - Nomination à l'Oscar du meilleur scénario original en 1999 pour The Truman Show. - Prix du meilleur scénario lors de l'Académie des films de science-fiction, fantastique et horreur 1999 pour The Truman Show. - Prix du meilleur scénario original lors des BAFTA Awards 1999 pour The Truman Show. - Nomination au Golden Globe du meilleur scénario de long métrage en 1999 pour The Truman Show. - Prix Ozone du meilleur film en 1999 pour Bienvenue à Gattaca.



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