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Quoi de neuf Pussy cat ?
(What's New Pussycat ?)

Théâtre La Licorne jeudi 18 décembre 03 - 19 heures 45

affiche

Film franco-américain de Clive Donner (1965). 104'.

Scénario : Woody Allen. Image : Jean Badal. Musique : Burt Bacharach.

Avec : Peter Sellers (Dr Fritz), Peter OToole (Michael James), Romy Schneider (Carol Wemer), Capucine (Renée Lefebvre), Woody Allen (Victor Skakapopulis), Ursula Andress (Rita), Paula Prentiss (Liz Bien), Eddra Gale (Anna Fassbender).

Un don Juan essaye de se débarrasser de son penchant pour l'amour grâce à un psychanalyste allemand un peu dérangé. Il se retrouvera pourtant aux côtés d'un intellectuel complexé, dans une folle course-poursuite en kart, où les jolies femmes sont légion.

Premier scénario de Woody Allen porté à l'écran, le film est resté justement célèbre par la manière dont il rend compte des années 60, les «swinging sixties» futiles et décoratives. On s'amuse énormément, autant du casting de rêve que de la liberté narrative évidente dont fait preuve le récit, Woody étant alors en pleine période marxiste, tendance Groucho bien sûr.

A F. - TRA 2338

EXTRAIT DE CRITIQUE DE LIBERATION

C'est bien simple, WHAT'S NEW PUSSYCAT de Clive Donner est l'un des dix films les plus drôles du monde. Quelques éléments en vrac : Peter Sellers coiffé d'une perruque frangée, coupée au carré dans le rôle d'un psychanaliste lubrique, Woody Allen en dragueur nul chante en play-back des airs d'opéra pour séduire ses conquêtes, Peter O'Toole en play-boy infatigable poursuivi par une de ses victimes perpétuellement candidate au suicide, Romy Schneider en prof d'anglais pour Pakistanais, et, au final, une charge de kartings menée par une titanesque Walkyrie contre des CRS. Et, en bande-son, le tube de cette année 1965, seriné par le grand Tom Jones.

C'est le premier film interprété par Woody Allen, également auteur du scénario. Depuis, Woody Allen avoue volontiers que son principal phantasme est de se croire le collant d'Ursula Andress.

Le film a été tourné en France ce qui explique la présence de nombreux comédiens du cinéma français, notamment Jean Paredes, Robert Rollis, Daniel Emilfork, Jaques Balutin, Annette Poivre, sans oublier Françoise Hardy qui y fait une très brève apparition.

Richard Burton apparaît d'ailleurs lui aussi sans être mentionné au générique. Peter O'Toole le croise dans la boîte de nuit.

Le producteur Charles Feldman insista pour que Peter Sellers joue le rôle du psychiatre et l'engagea contre les avis des co-producteurs qui craignaient une rechute de l'acteur qui venait de renoncer à son rôle de EMBRASSE-MOI CHERIE de Billy Wilder. A la fin du tournage, Feldman offrit à Peter Sellers pour le remercier. une Rolls Royce.

PORTRAIT

Il est bien prétentieux de ma part de vouloir écrire sur Woody Allen, de prétendre cerner un génie du cinéma qui ne se connaît pas lui même et dont le seul regret dans la vie est de ne pas être quelqu'un d'autre.

Woody Allen est né le premier Décembre 1935 à Brooklyn dans une famille classique d'émigrant juifs. Son véritable nom est alors Allen Stewart Konigsberg. Très vite mal à l'aise dès qu'il s'agit de fréquenter ses semblables, le jeune Woody passera la plupart de ses années de jeunesse enfermé dans sa chambre à jouer de la clarinette. Il s'est en effet découvert très jeune une passion sans bornes pour le jazz, passion qui le poursuit encore aujourd'hui puisque dès qu'il en a l'occasion, Woody Allen s'en va jouer de la clarinette dans son petit jazz band avec lequel il a déjà fait une tournée européenne.

 

Ecrivain précoce, Woody Allen commença par composer des sketches pour les personnalités de la radio et pour des comiques de télévision. En 1956, il part pour Hollywood où il se met à écrire pour l'émission de télévision très célèbre à l'époque, le Colgate Variety Hour. A la fin des années cinquante, il rencontre Jack Rollins et Charles H.Joffe (ses agents actuellement encore) qui vont l'encourager à passer sur scène en tant que comique de cabaret. Il impose dès lors un style bien particulier, un humour d'intellectuel où suinte, entre deux références culturelles, une vision totalement absurde du monde, des situations sans queues ni tête (il faut voir dans ses recueils de texte tels Dieu, Shakespeare et moi comment il décrit un homme violemment attaqué par un morceau de pudding ou comment il vous explique que Madame Bovary a trompé son mari avec un courtier en assurance vivant à Manhattan) , de cette époque date aussi son art des maximes : "Non seulement Dieu n'existe pas mais essayez de trouver un plombier pendant le Week-end".

Ces débuts au cinéma furent marqués par un gros contrat émanent du producteur Charles Feldman qui avait vu Woody Allen sur scène et qui lui proposa d'écrire le scénario d'une comédie appelée "What's New Pussycat ?". Le film fut tourné en France par Clive Donner et eut un énorme succès commercial. Il enchaîna tout de suite avec "Don't Drink The Water", une pièce de théâtre qu'il venait d'écrire et qu'il réussit à vendre à un producteur.

Après sa rencontre avec la sulfureuse Diane Keaton, qui partagea sa vie pendant plusieurs années, Woody Allen se met à tourner comme des sortes de versions filmées de ses numéros de cabaret : "Prends l'oseille et tire toi" (1969), "Bananas" (" 1971), "Play it again Sam" (1972). Puis, peu à peu, ses films acquièrent plus de maturité, il change de style et entame une longue réflexion sur les femmes, la mort, Dieu... De cette réflexion sont nés entre autre "Annie Hall" (1978), "Manhattan" (1979) et surtout "Interiors » (1978), un superbe hommage à Ingmard Bergman.

Aujourd'hui, Woody Allen fait malheureusement plus parler de lui à cause de ses déboires sentimentaux que pour la qualité de ses films. Il n'en reste pas moins un monstre sacré du cinéma, un génie de l'absurde, un profond explorateur des sentiments humains, un artiste exceptionnel que vous aurez tout le loisir de découvrir grâce à son nouveau film : "Anything Else". Un résumé de sa vie en quelque sorte ?

Sébastien Denizart

 

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